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Cinq œuvres à voir au musée des Beaux-Arts 

par Yse Monot

De passage à Strasbourg ? Strasbourgeois de longue date ? Une visite du musée des beaux-arts s’impose ! Mais au-delà de la Belle Strasbourgeoise, quelles œuvres remarquer ? Toutes, évidemment, mais cinq tableaux m’ont particulièrement touchée et méritent d’y faire un tour ou d’y retourner.

Ce petit musée à l’étage du palais Rohan se visite rapidement et la qualité très homogène de ses œuvres s’allie à la fraîcheur d’une mise en valeur sans prétention mais agréable. Dans ses salles aux murs colorés, vous serez à coup sûr marqué par la grande diversité des tableaux présentés. Cinq, surtout, parmi eux, méritent un détour.

Buste d’ange, Filippino Lippi  (1457-1504).

Le plus ancien est également mon préféré : le buste d’ange de Filippino Lippi (1457-1504). Si ce petit tableau peut passer inaperçu, le visage grave et doux de cet ange reste pour moi l’un des portraits les plus émouvants qu’il m’ait été donné de voir. La grande simplicité des couleurs, à peine rehaussée de dorures, lui donne un caractère presque éthéré et offre au visage penché dans une attitude de compassion mélancolique une dimension surnaturelle et très proche dans le même temps.

ange

Judith et la servante, le Corrège (1510)

Loin d’un traitement héroïque et en majesté, c’est une œuvre intimiste qui montre ici Judith et sa servante avec la tête coupée d’Holopherne. Le Corrège propose ici un jeu de lumière virtuose attirant l’œil sur les visages opposé, celui surnaturel et presque monstrueux de la servante et celui de Judith d’une grande beauté et sur la main de cette dernière. Le regard conduit par la main mène à la tête décapitée d’Holopherne, baignant dans l’ombre, peut-être pour symboliser la noirceur de ce personnage. Ce voyage des yeux nous happe dans l’image saisissante de ces femmes souriant avec douceur et savourant leur victoire face à ce chef coupé. Judith et la servante, peint vers 1510 par le Corrège est sans aucun doute l’un des plus marquant des tableaux du musée

judith

La Garde civique de Saint-Adrien,Cornelis Engelsz, 1612

Une photo de classe du 17ème siècle ? Ce tableau y ressemble tant qu’il fait naître des sourires sur toutes les lèvres. Outre la virtuosité de l’exécution des visages, c’est leur expression, simple et habituelle qui frappe. On croirait avoir réellement demandé à une classe un peu dissipée de poser pendant leur repas, certain ne prêtant d’ailleurs aucune attention à cette injonction et paraissant continuer des conversations. Bien sûr, cette classe n’en est pas une, mais la La Garde civique de Saint-Adrien, peint en 1612 par Cornelis Engelsz, mais l’impression de camaraderie qui s’en dégage reste remarquable.

La garde civique de St Adrien

Une jeune fille cosaque trouve Mazeppa évanoui sur le cheval sauvage,Théodore Chassériau, 1851

Théodore Chassériau conte ici une histoire, celle de Mazeppa, enduit de goudron et attaché à un cheval sauvage pour avoir aimé une femme mariée. C’est cependant la fin de cette légende, la rencontre salvatrice d’une jeune fille cosaque le soustrayant à une mort certaine qui est ici narrée. Le tableau respire une forme de sérénité, de par ses couleurs tendres, et le geste de la jeune fille, entre affolement, compassion et désir d’aider s’oppose à la souffrance se lisant dans la position du corps de Mazeppa. C’est un tableau simple et beau, racontant la fin d’un périple douloureux et le retour à une certaine tranquillité, une salvation.

Une jeune fille cosaque trouve Mazeppa évanoui sur le cheval sauvage

La Vierge consolatrice, William-Adolphe Bouguereau (1877)

Ayant perdu tragiquement sa femme et sa fille, William-Adolphe Bouguereau trouve le réconfort dans sa foi en la Vierge Marie. En hommage à cette figure qui lui a permis de supporter un tel drame, il peint La Vierge consolatrice En 1877. Sans même connaitre l’histoire de l’œuvre, ce grand tableau frappe par sa majesté, la précision des traits et sa composition très géométrique. L’opposition entre les couleurs sombres des vêtements et les dorures de l’auréole et du trône de la Sainte lui confèrent une dimension particulière le rapprochant des icones byzantines. Il est impossible de passer dans l’ultime pièce du musée sans avoir l’œil happé par ce tableau d’une finesse l’empêchant de tomber dans la grandiloquence.

vierge consolatrice



Vos chic avis


/ Quoi ?

Voici, selon Ysé, les 5 œuvres à ne pas manquer au musée des Beaux-Arts de Strasbourg.


/ Où ?

Musée des Beaux-Arts 
Palais Rohan
2 place du Château
67000 STRASBOURG
Ouvert tous les jours De 10:00 à 18:00 Fermé le mardi Tarifs : 6,5€ / 3,5€ (réduit)

/ Infos supplémentaires

Plein tarif : 6,50€ Tarif réduit : 3,50€ Tous les jours de 10h à 18h (sauf le mardi) Jours de fermeture annuels : 1er janvier Vendredi Saint 1er mai 1er et 11 novembre 25 décembre