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Patrimoine et histoires d'ici

Cagliostro et la Maison de la Lanterne 

par Henri Heine

Si vous vous trouvez aux alentours du Palais Rohan – sachez que les rues qui l’entourent sont chargées de nombreux souvenirs, d’histoires souvent méconnues, qui donnent encore aujourd’hui ce charme extraordinaire à Strasbourg. Savez-vous qu'un illustre imposteur du nom de Cagliostro y vécut ?

Je vous invite à faire un crochet par la rue de la Râpe et des Ecrivains, qui cachent des demeures historiques aux couleurs vives, entre architecture haussmannienne et typique alsacienne. C’est au croisement des deux rues, que vous trouverez celle que je trouve encore aujourd’hui comme la plus surprenante. Non pas par sa taille – mais plutôt de par ce qu’elle nous cache. Ses trois façades, en briques crépies, comptent un nombre important de fenêtres serties d’un encadrement en grès rouge. Cette invitation à faire entrer la lumière lui doit d’ailleurs ce surnom aujourd’hui : la Maison de la Lanterne. Si on s’avance, on y découvre un portail d’entrée imposant, aux décors rococo à volutes, inspiré du Palais Rohan voisin. Et si on lève les yeux vers le ciel, notre regard croisera forcément celui de la Vierge baroque, protégée par une niche en rocaille creusée dans l’angle de l’immeuble.

Construite en 1747, elle a accueilli en ses murs de 1780 à 1783, Giuseppe Balsama. Plus connu sous le nom de « comte de Cagliostro ». Né à Palerme et marié à la dot de Lorenza, il a d’abord traversé les pays méditerranéens, Londres, Paris avant de venir à Strasbourg. Ici, il se rapprocha du cardinal Louis René de Rohan-Guéméné en le guérissant de l’asthme qui l’affligeait et en lui prêtant ses pouvoirs de fabrication de diamants. Se faisant bienfaiteur de l’humanité, il gagna en notoriété grâce à ses diverses remèdes et guérit un grand nombre de nobles de l’époque. L’élixir de jouvence, qui fit notamment sa fortune, ne l’aida pourtant pas à jouir de ce succès, puisqu’il fut par la suite impliqué dans l’affaire du Collier de la reine Marie Antoinette – le conduisant à son expulsion du territoire français. En 1795, il mourut dans les geôles de la prison pontificale San Leo, après sa condamnation pour magie par le Saint-Siège.

Si vous croisez un jour un homme vêtu d’un long manteau rouge, exhibant de grosses bagues en or : vous saurez que cet être, qui fit fortune dans cette historique bâtisse et qui suscite encore de vives controverses, avait peut-être effectivement découvert la recette de l'éternité.



Vos chic avis


/ Quoi ?


/ Où ?

Maison de la Lanterne 
et 7 rue des Ecrivains
12 rue de la Râpe
67000 STRASBOURG

/ Infos supplémentaires

Maison dite "de la Lanterne"
construite en 1747.

A notamment été habitée par Alexandre,
comte de Cagliostro, un des plus grands
aventuriers du XVIIIe siècle.

Crédit photo : Google Street View