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Christine Liebich : sculptures 

par da.offner@gmail.com

Frédéric Caillard a pu rencontrer Christine Liebich et l’interviewer.

F.C. : Je voudrais commencer cette interview en discutant de votre dernière œuvre, qui est faite de béton et de barres métalliques. Comment et quand avez-vous commencé ces travaux?

C.L. : Je suis en fait peintre, j’ai étudié la peinture à Munich. J’ai eu affaire à une chirurgie de la main importante il y a environ 4 ans, et je ne pouvais pas bouger mes mains, ni peindre. Alors j’ai commencé à penser à la peinture d’une manière différente. J’ai essayé beaucoup de matériaux, et finalement j’ai trouvé que le béton et le métal étaient parfaits pour moi. Je n’ai pas réalisé de suite toutes les possibilités offertes par ces matériaux, mais j’ai découvert peu à peu que je pouvais les structurer et les traiter de différentes manières. La première année, j’ai fait beaucoup de prototypes, puis j’ai commencé à produire de vraies réalisations de béton et de métal. Cela fait environ 3 ans. J’ai aussi essayé le bois, l’argile et beaucoup de matériaux de modélisation, et j’ai fait une série de toiles et de bois brûlés. En fait, j’ai commencé cette série en peignant des images de très grande taille, environ 2 à 3 mètres. C’était plus facile pour moi de travailler avec des pinceaux plus gros, mais en fin de compte, je n’étais pas satisfaite, quelque chose manquait et je n’ai pas pu combler l’écart avec mon travail plus ancien et ce que j’arrivais à produire. Puis j’ai introduit des objets physiques tels que le bois trouvé pour compléter les travaux. D’une certaine façon, j’ai détruit ces œuvres, en desserrant leur structure et en les salissant. Par certains aspects, j’ai aimé ces peintures, mais les possibilités n’étaient aussi intéressantes alors j’ai arrêté d’y travailler et je me suis concentrée sur le béton et les travaux de métaux.

F.C. : Comment êtes-vous entré dans l’art, comment avez-vous décidé de faire une école d’art?

C.L. : J’ai grandi dans une ferme isolée, avec rien autour dans un périmètre de 5 km, rien d’autre que des bois et des champs. Dans mon enfance, j’ai eu souvent l’opportunité de jouer. J’inventais toujours, je construisais des choses. L’improvisation était très importante à la ferme : si quelque chose était cassé, on ne pouvait pas aller et acheter des pièces pour la réparer. Vous devions la réparer sans rien acheter. Comme enfant, c’était très intéressant de résoudre ces problèmes avec rien, et d’une façon différente. Je suis très reconnaissante pour cela. J’avais mon propre espace, ma petite pièce pour faire des dessins, pour construire des petits modèles. C’était très important pour moi de finir ma scolarité, mais il avait toujours été clair pour moi que je ferais de l’art. Il n’y pas eu de moment précis où j’ai décidé de faire de l’art, je n’étais pas intéressée par un autre travail, il n’y avait pas d’autre option.

F.C. : La plupart des artistes qui utilisent des barres en béton ou en métal font des œuvres qui ressemblent à des matériaux de construction ou en ont trouvé une forme abstraite. Contrairement au leur, votre travail est extrêmement organique. Il naît dans la sphère de l’art visuel, il n’est pas importé du monde réel. Était-ce votre intention ou est-ce simplement une façon de voir les choses ?

C.L. : Je fais mes œuvres toute seule, de la première à la dernière étape. C’est très important pour moi. J’ai besoin d’un lien avec mon matériau. Quand j’étais peintre, c’était la même chose, je n’ai jamais acheté de toiles, je les ai faites moi-même, je les ai apprivoisées moi-même. Je n’ai jamais été intéressée acquérir du matériel d’une source extérieure, voire industrielle et à peindre dessus. J’essaie toujours d’avoir le contact le plus proche possible avec mon matériau. J’ai fait beaucoup d’erreurs parce que je ne pouvais pas gérer le béton toute seule, je n’en savais pas assez, j’ai fait beaucoup d’erreurs. Il est très important pour moi de pouvoir développer une façon de travailler individuelle. Je prends un matériau et ignore son usage habituel, ce que les gens en font dans le monde extérieur. J’essaie de m’y confronter de la façon la plus naïve possible, de lui donner une nouvelle fonction.

F.C. : Votre travail prend-il actuellement une nouvelle orientation?

C.L. : La nouvelle direction que je vais prendre dans les prochains mois est d’aller vers le dessin. Je veux faire des dilutions de ciment et les voir ressembler à une feuille de papier. Je m’intéresse aux lignes du dessin, mais je ne sais pas si cela va fonctionner. J’aimerais faire des lignes avec du ciment et de l’acier, mais je commence à peine à y travailler.



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Lieu d'Europe 
8 Rue Boecklin
Villa Kaysersguet
67000 STRASBOURG
Du mardi au dimanche de 10:00 à 18:00.

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Dans le cadre des Émois pour l’Europe 2019
Du 18 mai au 2 juin 2019
Du mardi au dimanche de 10h. À 18h.

Entrée libre.
Tram E Robertsau Boecklin
Stationnement possible parking rue Boecklin